L'inflammation silencieuse
Si vous pensez être en bonne santé car vous n'avez pas de symptômes apparents, repensez-y à deux fois...
Récemment, un ami me fit une objection forte. En substance :
"Mais si ton hypothèse est que nous sommes tous parasités, et que tu cherches à guérir jusqu'aux asymptomatiques, sur quoi te baseras tu ? Ils n'ont pas de symptômes !"
Je cherchais à démontrer, précisément, que les pathogènes que j'avais en tête ne causaient justement pas de symptômes, ce qui rendait leur détection plus délicate. Mais ça ne remettait pas en cause la nécessité de les neutraliser.
"En médecine, me dit-il, on distingue traditionnellement le préventif du curatif. Le curatif, c'est lorsqu'on a un symptôme clair, identifiable, et qu'on soigne. Mais là, de ce que je comprends, tu veux faire du préventif, en évitant une future maladie hypothétique"
Et... C'est là que je me dois de dissiper une confusion.
Tout d'abord, il est vrai que je cherche à éviter de futurs symptômes. En ce sens là, si on veut, mon approche est "préventive".
En revanche, et c'est là le point principal, une maladie, réelle ou supposée, n'est pas circonscrite à ses symptômes. Bien au contraire !
Il y a les maladies infectieuses, à symptômes clairs, définissables, et parfois même caractéristiques.
Puis les maladies chroniques, à symptômes plus variés...
Mais on s'intéresse peu aux maladies de civilisation, détectables par "micro-symptômes", qui durent des mois et parfois uniquement quelques semaines...
Et pour des raisons évidentes, les maladies "sans symptômes" passent aussi au dessous des radars.
Mais si ces pathogènes causent des maladies asymptomatiques, ça ne signifie pas que je m'astreigne au "préventif" seul. C'est une forme de "curatif", sur de l'asymptomatique... J'oserais dire, du "détectif". Privé, si l'on veut, mon cher Watson.
L'inflammatoire silencieux, domaine du parasitaire
Mais comment porter foi à cette hypothèse ? Il y aurait des maladies "asymptomatiques"... C'est renverser la charge de la preuve ! C'est considérer les gens comme "a priori malades", et non "a priori en bonne santé" !
Sans vouloir être exhaustif (un prochain article, peut-être), il s'agit ici de mentionner le terrain inflammatoire...
Car une maladie ne se développe pas comme ça, et elle laisse derrière elle des indices, en quantité. Ce que j'appelle des "micro-symptômes", et qui sont comme les anomalies, les signes "oranges" de la voiture…
Oui, ceux qu'on regarde du coin de l’œil en se disant "ça va, ça passe, je peux faire encore 100 km, j’irai voir le garagiste dans une semaine"... Autant de signes qu'on remet à plus tard, jusqu'à ne plus pouvoir conduire.
Et dans l'inflammation, c'est pareil. Parfois même, et très souvent d'ailleurs, il n'y a pas de signaux oranges. Le corps s'enflamme silencieusement. Comme un feu de tourbe, qui, lentement mais sûrement, amènerait la combustion jusque dans la cave de votre corps.
Sans fumée, ni effet... Pour le moins, direct !

Le souci, c'est que certains de ces effets, peu perceptibles et/ou indirects, ne sont pas considérés pour une raison très insidieuse...
Ils sont si répandus !
Maux de tête, de ventre, éternuements, réactions allergiques…
Que dire si chaque conducteur, en achetant sa voiture, la voyait clignoter de mille feux oranges ? Il s'y habituerait.
Que dire si chaque propriétaire, après quelques années, s'habituerait à la présence de fuites dans la salle de bains, ou de rats dans la cave (coucou aux Parisiens qui nous lisent) ?
C’est pareil pour notre propre corps, qu’on assume en locataire ou en propriétaire, d’ailleurs...
Et dont une inflammation latente pourrait faire le siège.
Inflammation, discrète, chronique, qui laisse bien quelques traces...
Mais, justement, trop peu.
Inflammations peu symptomatiques (on dirait "paucisymptomatiques" en bon français, ou plutôt en bon latin, "pauci" voulant dire littéralement "peu"), elles en seraient d'autant moins perceptibles, et c'est bien là le souci, aux yeux d'un "détective du corps"...
En définitive, à ne voir que de l'infectieux, du détectable et du "bon gros symptôme", et à négliger les micro-symptômes qui sont autant de signaux envoyés, on peut passer à côté de la question essentielle :
"Sommes nous en bonne santé, ou simplement asymptomatiques ?"
